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28 janvier 2012 6 28 /01 /janvier /2012 11:01

 

l' hiver 1972 je n' avais pas grand chose à faire et  j'étais très impécunieux...

disons même que j' étais fauché; un ami entrepreneur me proposa de travailler

quelques jours sur un chantier qu' il fallait terminer d' urgence, le client étant

impatient de profiter des lieux.

Il achevaitla piscine d' une villa sur le chemin de St Claude à Antibes. Ce chantier

de construction durait depuis plusieurs années ;un certain nombre d' entrepreneurs

 s' étaient succédés ; ils avaient eu de nombreuses contestations avec le commanditaire

de ces constructions: c' était un artiste (sur la côte on prononce artice) qui savait ce

qu' il voulait et ne se satisfaisait pas des approximations des entreprises de construction.

C' est comme cela qu' un jour je me suis trouvé à terminer le carelage au fond de la piscine

de la villa Hartung.linkhttp://www.monument-tracker.com/villes/antibes/fondation-hartung-bergman/

 

  PISCINE.jpg

 

Cette villa était assez énorme,des bâtiments bas,mais nombreux et très étendus. Les

maçons l' appelaient le blockhaus de l' Allemand.Cela m'apparaissait comme une architecture

cubiste,minimaliste.Des formes droites, des lignes qui se coupent à angle droit.des grands pans

 de béton ,percés d' ouvertures toutes différentes semblant répondre à une logique interne

En se déplaçant dans le chantier on tombait sur des perspectives d' une simple beauté; l'ensemble

des bâtiments :habitation,ateliers,maison de gardien,les terrasses,les patios tout cela constituait

une sorte de ville idéale comme sortie d' un tableau de Chiricho,mais sans baroque.

je travaillais déjà depuis plusieurs jours au fond de la piscine quand je sentis une présence.En

relevant la tête,au dessus de moi se tenait la haute silhouette d' Hartung étayée sur ses béquilles.

Il  m'adressa la parole avec beaucoup de familiarité,me demandant si le ciment colle qui fixait les

tessons de pâte de verre ne brûlaient pas trop les mains.Au bout de trois phrases banales,n'y tenant

plus je lui avouais mon admiration pour son oeuvre.Il fut  surpris ,comment un maçon connaissait

il son oeuvre,alors que dans la région seul les galeristes,conservateurs de musée,et  quelques

collectionneurs s'y intéressaient ? je lui expliquais que j'avais lu dans les années 60 un n° de la revue

Cimaise consacré à l' abstraction lyrique,présentant Hartung,Schneider et Soulage ....et qu' il ne fallait pas

trop se fier aux apparences. Hartung pris plaisir ,je crois, à me faire visiter sa maison encore assez vide

de meubles.Il m' expliqua tous les aménagements,les réseaux de téléphones ,les installations électriques

complexes.Seul son immens atelier était déjà occupé par des caisses de matériels,des châssis de

toiles vierges et même des oeuvres terminées. "Elles ne sont pas encore au coffre"m'explica t il.

Le lendemain j' allais sur un autre chantier et je n' ai jamais revu Hans Hartung

 

Quelques années plus tard j'allais souvent manger le soir dans un petit restaurant près du port

d' Antibes:c'était ma cantine. Dans ce lieu je fis connaissance d' un monsieur charmant qui détonnait

un peu dans ce monde de barbus hirsutes. Je passais plusieurs soirées à sa table et il se confia sur

son activité.Il était restaurateur au Musée du Louvre .Cela m' intéressait et je lui demandais des conseils

pour nettoyer les quelques tableaux que j' avais à la vente.

Un autre soir il me confia qu' il travaillait six mois par an à "restaurer" des toiles pour Hartung dans sa villa

d' Antibes.Il était très discret sur son travail et je n' ai jamais su quel était son rôle véritable auprès d' Hartung.

sans doute devait il préparer le travail et aider le Maître qui ne se déplaçait plus qu' en fauteuil.

Une fois de plus ma vie a changé et je n' ai plus fréquenté ce restaurant, mais je dois encore avoir la

carte de visite de ce "restaurateur"

Tels sont mes souvenirs liés au nom d' Hans Hartung.

 

 

 

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11 juillet 2011 1 11 /07 /juillet /2011 16:04

  cette semaine j' ai eu à vivre un deuil .Bien sûr le réconfort ,la présence affectueuse des siens

permet de surnager, de réagir ; j' ai aussi découvert un remède a la tristesse, à la lassitude : le livre.

Ce n' est pas la lecture comme divertissement au sens de Pascal ,l' oubli par la plongée dans l'

imaginaire ,par l' investissement dans des situations qui détourneraient des préoccupations présentes.

Bien évidemment j' aurais pu me noyer dans un polar suédois comme je les aime ;et bien non c'est

avec Giono que j' ai passé ces sombres journées.

Pour moi Giono ,c' est Regain ,Colline...ces livres de mon adolescence ,un peu ouvrages initiatiques

que l' on apprécie plus guère à l' âge d' homme , le Hussard qui m' avait assez ennuyé en mes vertes

années.En résumé des ouvrages que je n' appréciait plus guère pour les avoir beaucoup aimé ;et d'

 autres que je n' étais pas à même de goûter quand je les eus entre les mains..

Peut être qu' en lisant à nouveau un Giono j' ai dépassé cette chronologie.

L' ouvrage que j' ai lu est un recueil de nouvelles, de contes, de chroniques, de récits ,disons de textes

courts .Les plus longs Regain,Mort d' un personnage,un Roi sans divertissement dépassent de peu les

100 pages.

0jouclard.JPG

                                        Adrienne Jouclard       le retour du troupeau

Giono dans l' immédiat avant guerre était pour de nombreux jeunes un maître à penser,un guide qui

allait à contre courant dans ce monde que fascinait la modernité. il apparaissait certainement comme

rétrograde :prônant le retour à la terre, à la vie simple ,à la virtus dans un monde ou tout allait s' accé-

lérant . Sa voix n' est elle pas  actuelle cinquante ans après?

BIOGRAPHIElink

on a beaucoup reproché à Giono à la fois ses engagements politiques et ses non engagements.Ayant

vécu les tranchées de Verdun Giono était viscéralement pacifiste .Tout mais pas la guerre! on le lui a

reproché: prison puis interdiction de publier "plustôt allemand que mort"Phrase malheureuse dans le

contexte mais.....on peut survivre à une dictature qui est toujours un phénomène provisoire,la mort

elle est définitive...ce qui compte, la survie c' est le maintien des valeurs. LES VRAIS RICHESSES .

Pour sa connivence avec le Renouveau National ,il est certain que l'expérience de CONTADOUR :ce

regroupement des jeunes autour de Giono 1937 à 39 est sous-tendu par des idées (je ne dis pas idéolo-

gie ) proche de celles qui animent l' Ecole d' Uriage et les chantiers de jeunesse. Giono connut l' inscrip _

tion sur la liste noire des écrivains infréquentables Il en conserva une certaine aigreur contre le monde

littéraire parisien. 

Mais là n' est pas notre propos....Je disais seulement que j' avais redécouvert Giono à travers un livre

 de nouvelles ,comprenant "la Mort d'un Personnage"et je vous en recommande la lecture.

Cette lecture en un moment pénible m' a aidé,pas en me divertissant (au sens de Pascal) mais en

m' obligeant à réfléchir, à poser le bouquin et me projeter plus loin dans notre humanité.

Et là je retourne enfin au titre de cet article: j' appartiens encore ,comme quelques autres

dinosaures à une génération élevée avec l' encre sur du papier:livres, journaux,revues.

L'enfance avec les Jules Verne des éditions Hetzel de nos parents...les rouge et or et les

bibliothèque verte que l' on recevait à Noel .. sans parler des livres de prix.

.L'adolescence avec la découverte de la littérature,des livres interdits , les lectures nocturnes

 qui pouvaient se prolonger jusqu' à l'aube.et l' age de la poésie ou l'on se prend pour Rimbaud.

C'est la génération du livre de poche ou tout d'un coup les grands textes contemporains

étaient proposés dans la rue , sur les tourniquets,  à la porte des librairies.Naturellement

j' ai grandi,je me suis fait homme avec le livre  ;peut être un peu trop;,mais c' est vers lui que

par habitude ou par instinc t je me suis tourné dans un moment difficile.

           Grace soit rendue à Gutemberg!!!

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 12:59

 

sometime I meet a natural girl

 

she became a sophisticated Lady

 

I can say nothing

 

but I hope she is in her truth

 

 

j' aimais une princesse

 

au jeans troués

 

à la démarche chaloupée

 

samba   samba

 

Je l' ai revue

 

luxueusement parée

 

descendre de son éléphant blanc

 

 

C 'est une princesse mais

 

 

je ne suis plus son prince.

 

 

jeans.jpg

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 06:58

Contre le lit témoin de nos ébats éblouis un paravent séparait la chambre . Sur tout un panneau

 

s' exposait une collection de colifichets . Ils étaient disposés dans les cercles d' un rideau de macramé

 

4 cercles sur la largeur et 7 dans la hauteur ; dans les cercles du haut des dizaines de boucles d' oreille

 

s'entrechoquaient ,sensibles au plus leger souffle d' air . Il en était de toute couleur et de toute matière

 

du bois, de l' argent, des métaux inconnus, des émaux ,des pierres et même des plumes

 

Certains cherchaient la simplicité avec des formes épurées comme cette pointe d' ébène ou cette

 

lentille de bois clair ; d' autre étaient baroque en diable cascades de métal et de pierres brillantes

 

et colorées . dans la partie basse de ce fabuleux mobile étaient pendus des dizaines de colliers , eux

 

aussi étaient de toute provenance : perles et coquillages, graines de fruits exotiques, disques de nacre

 

et même des objets de feutrine.

 

Comme j' admirais cet assemblage hetéroclite et tellement coherent,je remarquais en son centre

 

une boucle d' argent que j' avais acheté pour ma belle amie la semaine précédente lors d' une promenade

 

dans la vielle ville . Je la lui avais offerte en riant de la faible valeur du present .

 

Je t' ai mis en bonne place - me dit elle- dans les cercles superieurs , j' apprécie la manière dont tu me

 

fais l' amour .

 

A la seconde le rideau s' est déchire ;.....dévoilant la vérité nue et tellement désirable : ce mobile était un

 

tableau de chasse,les trophées dérisoirs de ses amours passés .

 

 work-0054b.jpg

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 05:43

ce matin tot  alors que je promenais mon chien, le soleil s' est levé; à l' est comme d'habitude.mais aujourd'hui

 il était vraiment superbe : disque jaune pale émergent parfait dans le creux d' une vallée. Ses rayons n' étaient

 pas chaud et n' annonçaient nullement la touffeur de l' après midi. La cloche de la chapelle romane c' est mis

 à sonner sept heure et dans la minute qui a suivi d 'autres clocher ont répondu sans se tromper. Tout était

calme silence... très loin le moteur d' une voiture qui se rend à Montpellier. Un coq lance son cri et un autre lui

 répond

 

                      guepier_d_europe_dico_2g.jpg

  DSC00416.JPG

 

                             guepier_deurope_DSCN9811-1-.jpg

.Une troupe de guepier   je ne les vois pas mais j' entends leurs cris ,cris de ralliement au sein de cette

 troupe de chasseurs .Dans un buisson un TIT TIT  d' un oiseau est ce un roitelet ou un troglodyte , je ne 

differencie  pas leur chant, tant il est discret . tout est Calme

 

                

 

     roitelet_triple-bandeau_reho_1g.jpg

 

 

 

 

Et pourtant demain à la même heure cet équilibre parfait sera rompu.

Des meutes de chiens hurlant courant de tous coté a la suite d'une piste odorante

des hordes de braillards le fusil à la main envahiront ces champs.

Sus à la bête!!! demain c' est " l' ouverture "

 

 

 

                          

  galerie-membre-sanglier-sanglier-en-alsace-01.jpg

 

 

                         x25709076

 

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 12:43

Je me dois de vous donner quelques explications quant aux raisons qui m'ont conduit à ouvrir ce blog..
vous l'avez lu ce n'est pas pour confier à tous mes angoisses existentielles .c'est surprenant que le journal
intime soit devenu un genre banal mais il a perdu l'intime en un clic.
oh nostalgie !!ou sont les journaux intimes d'antan ,les journaux de nos grand-mères rédigés sur des cahier
d' écolier, ou mieux sur ces livres de feuilles blanches reliées luxueusement plein peau; ils ont bien fait leur
 temps. Ils ne sont plus rangés dans la table à écrire ou cachés sous une pile de linge dans la commode de la chambre des jeunes filles.ces écrits n'étaient pas destinés à la lecture c'était un peu un exercice d' écriture et
surtout le moyen de faire le point sur les faits insignifiant de la journée .C'était un monologue adressé à

 "mon cher journal "qui n'attendait pas de réponse;C'était une confession peut être plus complète que celle

 qu' écoutait monsieur le curé.
Now a day les pensées intimes s'exposent offertes à l'inconnu de passage dans un jeu étrange-exhibition
et de voyeurisme.Ce qui m'étonne le plus (dans ce que j' en ai vu) c'est l'aspect kitch de la présentation

des dessins et illustrations divers.C'est le journal de la Princesse Barbie en 1 000 exemplaire. Pourquoi

 faire simple quand on peut faire baroque.Vous me direz "des goûts et des couleurs"...ou "si vous n'aimez

 pas n'en dégoûtez pas les autres."
Revenons à nos moutons   le pouquoi   du comment    de la création de ce blog...
Ce n'est pas pour dévoiler mon intimité (tout le monde s'en fout) un peu pour partager mon goût pour les
promenades bucoliques et beaucoup du fait du hasard :à cause d'une échelle.Et oui une échelle mal calée...
une mauvaise chute..une entorse à chaque cheville...et me voici contraint aux promenades virtuelles les

 jambes en l'air et le doigt sur le clavier.comme je tape avec l'index j'aurai bientôt une ampoule qui m

'empêchera de continuer.Heureusement j'ai encore 9 doigts de rechange.
Comme vous avez été sages et que vous avez lu jusque au bout vous avez droit à une image.

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  • : je me promene à pieds en des lieux deserts ou tres frequentés au rythme de mon humeur preferences pour les Cevennes et les Alpes du Sud
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